Ce que le dictionnaire dit du maquillage naturel... et ce qu'il oublie
- Isabelle SORET
- 2 mai
- 4 min de lecture
Le jour où j'ai cherché "maquillage" dans le dictionnaire des synonymes…
Pour préparer cette article, je suis allée consulter le dictionnaire des synonymes et cette page aurait pu virer au plaidoyer féministe !
J'ai entré "maquillage" dans la barre de recherche et j'ai obtenu : objet, escroquerie, fourberie, malhonnêteté, trafic, etc.
Est-ce votre vision du maquillage ?
Non mais sérieusement, une salle de bain n'est pas un garage automobile de truand !
Pour moi, le maquillage évoque la fantaisie, la féminité, le fun, il est ludique et amusant. Et vous, quel adjectif choisissez-vous pour qualifier le maquillage ?
Il y a un monde entre le grimage de spectacle et la mise en beauté quotidienne !

Un mot, deux histoires
Le mot "maquillage" vient du vieux français maquier, qui signifiait arranger, préparer. À l'origine, rien de suspect. Un geste, une attention portée à l'apparence.
Mais au fil des siècles, deux usages ont coexisté et ils ne se sont jamais vraiment réconciliés.
D'un côté, le maquillage de scène. Celui du théâtre, du cirque, du carnaval. Épais, visible, conçu pour être vu de loin, sous les lumières. Un outil de transformation radicale, destiné à incarner un personnage.
De l'autre, le maquillage du quotidien. Discret, personnel, intime. Celui que l'on pose chaque matin devant son miroir, souvent seule, souvent en silence. Un geste qui n'a rien à voir avec le déguisement... et tout à voir avec la présence.
Ces deux univers ont longtemps été confondus. Et cette confusion a coûté cher au maquillage quotidien.
Les injonctions contradictoires
Les femmes le savent bien : on ne gagne jamais vraiment.
Maquillée, on est jugée artificielle, superficielle, séductrice. Pas maquillée, on paraît négligée, terne. Le curseur idéal existe-t-il quelque part ? Il change selon les contextes, les regards, les époques. À nous de nous détacher du jugement pour être simplement nous-mêmes et prendre notre place.
Pendant longtemps, le maquillage a été associé à la séduction, parfois à la tromperie. Une femme maquillée cherchait quelque chose. Comme si prendre soin de son apparence était une déclaration d'intention plutôt qu'un geste d'attention à soi.
Ces idées ont la vie longue. Elles se glissent encore aujourd'hui dans des remarques anodines, des regards, des synonymes de dictionnaire.
Ce que le maquillage m'a appris
J'ai grandi avec le maquillage. Enfant, c'était un terrain de jeu. Adolescente, je maquillais les copines pour les défilés de mode, déjà réjouie par ce que quelques couleurs pouvaient apporter à un visage.
Plus tard, des formations avec les grandes maisons — Givenchy, Chanel, Guerlain, Yves Saint Laurent — m'ont enseigné des techniques précises, l'exigence du détail.
Et puis la saison des mariages : des matinées entières à enchaîner les maquillages : la mariée, sa mère, ses témoins. Des visages, des âges différents, des émotions à fleur de peau, des lumières changeantes.
Ce qui me touchait le plus, c'était la rencontre avec le miroir, puis les compagnons qui retrouvent leurs femmes, leurs amies, prêtes, lumineuses. Il y avait quelque chose qui se posait dans leur regard... Des étoiles, parfois. Et des mercis qui ne s'adressaient pas vraiment à moi, plutôt à ce que la femme en face d'eux leur donnait à voir.
Ces moments-là sont précieux. Ils disent mieux que n'importe quelle technique ce que le maquillage peut faire quand il est juste : non pas transformer un visage, mais le révéler.
Ce que j'enseigne, et pourquoi
J'accueille beaucoup de femmes qui ne savent pas vraiment se maquiller, non pas par manque d'envie, mais plutôt parce qu'on ne leur a pas montré, qu'elles n'ont jamais pris le temps et se sont imaginé que ce n'était pas pour elles. Et suivre des tutoriels conçus pour d'autres visages, d'autres carnations, d'autres âges… ça n'aide pas vraiment. Il y a aussi celles dont la routine s'est figée à vingt ans et qui sentent que quelque chose ne fonctionne plus tout à fait.
La peau change, le teint évolue. Ce qui fonctionnait à trente ans peut alourdir à quarante-cinq.
Ce que j'enseigne, c'est la lecture d'un visage. Comprendre ce qui le soutient, ce qui l'ouvre, ce qui lui donne de la lumière et poser les gestes justes en conséquence.
Pas trente produits. Pas de techniques complexes. Des bases solides, adaptées à vous, que vous pouvez reproduire seule chaque matin et qui tient jusqu'au soir.
Le maquillage naturel n'est pas l'absence de maquillage
Il existe un malentendu tenace : penser que le maquillage naturel, c'est ne presque rien mettre.
Ce n'est pas ça.
Le maquillage naturel, c'est un maquillage qui vous ressemble. Qui respecte votre carnation, votre énergie, votre façon d'occuper l'espace. Qui travaille avec votre visage et non contre lui.
Un teint préparé, un regard ouvert, des couleurs qui s'accordent à votre lumière naturelle. Des gestes simples, précis, reproductibles.
Le résultat ? Personne ne remarque votre maquillage. Mais on vous voit, on sent votre confiance. On vous dit : "tu as l'air en forme aujourd'hui." Ou : "tu es rayonnante."
Parce que le plus beau maquillage est celui qui va de soi.
Envie d'apprendre les gestes d'un maquillage qui vous ressemble ?



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